
Yelbane songe depuis peu à se lancer dans l’aventure de partir seule. Elle commence peu à peu à rentrer dans la vie active et souhaite se détacher des vacances en famille. Mais tout en étant soucieuse des besoins environnementaux.
C’est au mois d’août 2021 que je rencontre Yelbane à Paris. Jeune étudiante en communication, elle me donne rendez-vous à un food truck dans le 15ème. Il est midi, le soleil joue à cache-cache avec les nuages et nous sommes entourées d’hommes en cravates qui courent reprendre le boulot, sandwich à la main. Quelques mères de familles jouent les gendarmes avec leurs enfants, des valisent roulent, des enfants se rendent au centre-aéré vêtus de leurs gilets fluorescents. Ce sont les vacances et elle va me raconter les siennes.
Partir d’abord en famille
« Je suis principalement toujours partie avec ma famille, commence-t-elle en croquant dans sa galette complète. Mais depuis quelque temps, je commence aussi à partir entre filles avec des amies. »
A 21 ans, Yelbane a parcouru plusieurs fois le monde, accompagnée de ses parents et de sa sœur, mais commence timidement à s’émanciper. « En général, on ne part qu’entre filles. On n’a jamais vraiment eu peur, il faut dire que l’on reste qu’en France pour que nos familles soient rassurées. Enfin, si ! On fait plus attention le soir. On ne se pose pas la question quand des gars nous rejoignent, mais quand ils ne sont pas là, on ne tarde pas trop le soir. »
Seule oui, mais organisée
Prudente, la jeune étudiante est consciente qu’avec son statut de femme, partir seule n’est pas forcément toujours simple. Mais ce n’est pas pour autant qu’elle rejette l’idée de le faire un jour.
« J’ai fait beaucoup de pays tels que le Maroc, le Mexique, Bali, le Sénégal ou même encore la Grèce, les Îles Baléares… c’était plus simple en étant en famille, mais je pense que toute seule, la première chose que je ferais c’est de choisir un pays relativement “safe“ et je ferais très attention à ne pas rester seule le soir dehors. Il faudrait que je me fasse un programme également. En étant seule, je pense qu’il faut avoir un minimum d’organisation. J’aurais du mal à arriver dans un endroit que je ne connais pas sans savoir quoi faire ni où aller. Je serais plus rassurée en me disant à l’avance où il y a un musée, une place, un parc… »
Prendre conscience des enjeux climatiques
Un pigeon nous interrompt, il veut de la crêpe lui aussi ! Après un petit fou rire, Yelbane reprend. Avec un petit côté naïf et enfantin de la sortie de l’adolescence, elle a par moment une très grande lucidité et maturité sur la vie et son avenir. Les yeux pétillants, mais un peu embués, elle ajoute qu’elle « ferai un voyage en prenant compte pas mal de facteurs : les problèmes climatiques, civils et sanitaires. Je ne me verrais pas aller dans un pays prendre un hôtel et profiter, tout en sachant qu’à quelques kilomètres il y a un incendie, des animaux en danger… J’ai du mal à me dire que je suis là et que je profite à fond quand des personnes sont en souffrance et qu’à quelques kilomètres de moi ce n’est pas ça la réalité du pays. On avait fait un voyage au Sénégal. On ne connaissait pas du tout cette partie de l’Afrique et nous avions cette sensation de petits privilégiés. Lorsque l’on sortait à peine de notre résidence, on se faisait suivre par beaucoup d’enfants qui demandaient de l’argent. C’est une atmosphère pesante, lourde. Indirectement, tu n’as pas envie de profiter de tes vacances, car tu te sens mal vis-à-vis de la population. »
C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle pourrait songer à faire du tourisme humanitaire. « Dans un pays où il faut aider les enfants, ou alors aider les animaux. Pourquoi pas aller aider les tortues à rejoindre la mer. Avec ma sœur, on participe chaque année à la World Clean Up Day et on aide à nettoyer les parcs. Ce serait une bonne continuité », conclut-elle.